Deux jeunes gens dans le vent...
Par Matthieu le lundi 6 octobre 2008, 09:04 - Les actualités - Lien permanent
A peine remis de leur périple qui les a conduits de Paris au fond du désert iranien. Romain Benoît et Benoît Albanel ont retrouvé les affres de la vie active. Pourtant pour, eux, rien ne sera jamais plus comme avant.
Benoît Albanel revient avec nous sur leur étonnante aventure.

Paris-Calcutta ça fait une trotte, encore plus quand c'est à la force des mollets. Vous avez entrepris ce voyage un peu fou (en fait complètement fou) pour promouvoir "l'écomobilité". C'est quoi l'écomobilité exactement ?
Benoit Albanel: L'écomobilité, c'est prendre conscience de son impact sur l'environnement lorsqu'on se déplace et choisir le meilleur moyen de transport accessible : le vélo est par exemple plus rapide que la voiture sur des transports inférieurs a 5 km en ville ou utiliser les transports en commun plutôt que de sentir "idiot", seul dans sa voiture. L'écomobilité, c'est aussi la réduction de nombreux stress liés aux bruits et à la pollution de l'air en ville. Que la vie serait belle en ville si on pouvait respirer sur un boulevard sans se pincer le nez et parler à son voisin sans crier!
Pourquoi avez vous choisi de créer votre bolide plutôt que de recourir aux traditionnels vélos ?
Romain a eu l'idée de faire construire une rosalie ("voiture à pédale") plus adaptée au voyage que l'"originale" et plus légère. Finalement, le design était plus sympa, mais le poids par forcément inférieur... ça nous a bien développés les mollets !

Qu'est-ce qui intimement vous a décidé à mettre votre carrière, votre vie en France, en pause pendant un an pour sillonner les routes de l'Asie ?
Benoît Albanel : L'idée de partir découvrir le monde est quelque chose qui trottait depuis longtemps dans notre tête. On se rend compte que ce n'est jamais vraiment le moment car de toute manière, il faut forcément mettre entre parenthèses ce qu'on est entrain de faire pour partir: il n'y a donc jamais de bon moment. Mais ne pas partir aurait été pour moi le deuil d'un rêve qui est finalement accessible au plus grand nombre. On n'imagine pas le nombre de mecs qui font le tour du monde en ce moment ! Je me suis également rendu compte que ce n'est pas réservé à une catégorie sociale de faire le tour du monde. On a rencontré des voyageurs ouvriers aussi bien que cadres supérieurs. Cette expérience de routard sera sûrement un pilier de ma vie personnelle et professionnelle.
Une aventure comme celle-ci se prépare sur votre (très beau) site on peut voir une armada de sponsor et des infos qui prouve un projet mûrement réfléchi. Comment avez-vous monté votre projet ? Quels conseils donneriez-vous à d'autres pour préparer une telle aventure ?
B. A. : Je ne cache pas que sur le projet, il y a eu du boulot ! La première difficulté a été de travailler à deux alors que Romain habite à Marseille et moi à Paris. La deuxième difficulté a consisté à mener de front son boulot et le projet. Pendant 15 mois, nous nous sommes appelés presque tous les soirs. Et puis en faisant construire un prototype nous n'avons pas choisi la facilité. Bref nous aurions pu faire beaucoup plus simple. Certains partent simplement avec un peu d'argent en poche et se disent qu'ils reviendront lorsqu'elles seront vides. Il n'y a sûrement pas de préparation type pour voyager, il faut juste oser partir sans trop se poser de questions. Il y aura toujours quelqu'un pour vous décourager de partir, n'écoutez que vous-même !
Pour avaler des milliers de kilomètres il faut un truc qui vous fasse tenir ! Quelle a été votre source de motivation pour continuer ?
B. A: Je pense que c'est l'humour qui nous a faits tenir dans les moments les plus difficiles. Un peu de dérision, ça fait du bien de temps en temps, et rire un bon coup ça dilate la rate, n'est-ce pas Romain ?!
Quelle a été la plus belle rencontre sur votre route ?
B. A: Se faire inviter à dormir dans une mosquée de village en Iran a été une expérience incroyable. Ça casse bien des préjugés, surtout quand les villageois vous apportent des tas de trucs à manger et vous enferment à l'intérieure de la mosquée pour ne pas qu'on vous dérange !
Votre voyage a été brutalement interrompu par un accident. Comptez-vous reprendre la route plus tard ? Pour finir votre voyage ou partir ailleurs ?
B.A: L'accident a été un choc. Pour nous l'aventure s'arrête ici. Mais je repartirai sûrement dans quelques années ; l'Amérique du sud m'attire beaucoup. Pour l'instant, j'ai envie de travailler et de reprendre des études.
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